Quand le dirigeant ne peut plus travailler, il pense naturellement à son revenu personnel. Mais l’entreprise, elle, continue de recevoir des factures.

Le loyer du local, les emprunts, les logiciels, le téléphone, les assurances ou le leasing ne s’arrêtent pas parce que le médecin a prescrit un arrêt de travail.

Protéger uniquement le revenu du dirigeant peut donc laisser l’entreprise sans solution pour payer ses charges fixes.

Les frais généraux sont les charges qui continuent sans activité

La liste dépend de chaque entreprise, mais on retrouve fréquemment :

  • le loyer professionnel ;

  • les échéances d’emprunt ou de crédit-bail ;

  • les abonnements téléphoniques et informatiques ;

  • les assurances ;

  • les frais comptables ;

  • certaines taxes et cotisations ;

  • les contrats de maintenance ;

  • le coût d’un remplaçant ;

  • certaines charges de personnel, selon le contrat ;

  • les dépenses indispensables au maintien de l’activité.

Toutes les charges ne sont pas automatiquement couvertes. Le contrat définit précisément les postes admissibles, les justificatifs nécessaires et les plafonds.

La prévoyance personnelle ne paie pas forcément les factures de l’entreprise

La prévoyance du dirigeant a pour objectif de compenser une perte de revenu personnel en cas d’arrêt, d’invalidité ou de décès.

La garantie de frais généraux répond à un autre besoin : rembourser ou prendre en charge certaines dépenses professionnelles pendant une incapacité temporaire couverte.

Les deux protections sont complémentaires.

Un dirigeant peut recevoir une indemnité suffisante pour son foyer tout en voyant la trésorerie de son entreprise se dégrader rapidement. À l’inverse, protéger uniquement les charges professionnelles ne permet pas de payer les dépenses familiales.

L’exemple d’un cabinet avec 5 000 euros de charges fixes

Imaginons un professionnel libéral qui réalise l’essentiel du chiffre d’affaires de son cabinet. Chaque mois, l’activité supporte 5 000 euros de dépenses qui continueront pendant son absence.

Après un accident, il ne peut plus exercer pendant quatre mois. Le chiffre d’affaires chute, mais les charges représentent encore 20 000 euros sur la période.

Sans garantie adaptée, cette somme doit être financée par la trésorerie, un découvert, un apport personnel ou un emprunt.

La garantie de frais généraux peut contribuer à rembourser les dépenses assurées après la franchise, pendant la durée et dans la limite prévues au contrat.

Combien faut-il assurer ?

Ne reprenez pas simplement le total annuel du compte de résultat. Certaines charges diminuent avec l’activité et d’autres ne sont pas assurables.

La bonne méthode consiste à classer les dépenses en trois catégories :

  • celles qui disparaissent lorsque l’activité s’arrête ;

  • celles qui diminuent ;

  • celles qui continuent presque intégralement.

Le montant à assurer se trouve principalement dans la troisième colonne, après vérification des postes acceptés par le contrat.

Pensez aussi au coût d’une personne capable de remplacer le dirigeant. Dans certaines activités, financer un remplacement permet de préserver les clients et de maintenir une partie du chiffre d’affaires.

La franchise doit tenir compte de la trésorerie

Comme en prévoyance personnelle, une franchise s’applique généralement avant le début de la prise en charge.

Si l’entreprise dispose de deux mois de trésorerie disponible, une franchise de 90 jours peut déjà créer une tension. Si elle possède une réserve solide ou un associé capable d’assurer la continuité, une franchise plus longue peut être acceptable.

Il faut donc comparer la franchise avec :

  • la trésorerie immédiatement disponible ;

  • le délai de paiement des clients ;

  • les échéances importantes ;

  • les possibilités de remplacement ;

  • la saisonnalité de l’activité.

Pendant combien de temps faut-il être couvert ?

Les contrats prévoient une durée maximale d’indemnisation, par exemple 12, 18 ou 24 mois selon l’offre.

Une durée courte peut suffire si l’activité peut être rapidement réorganisée. Elle peut être insuffisante pour une entreprise très dépendante du dirigeant ou nécessitant une qualification rare.

Au-delà d’une certaine durée, la question n’est plus seulement de payer les charges. Il faut réfléchir à la reprise, à la cession, à l’association, au recrutement ou à une réorganisation durable.

Les documents à préparer

Pour calibrer la garantie, réunissez :

  • le dernier bilan et le compte de résultat ;

  • les tableaux d’emprunts ;

  • les contrats de crédit-bail ;

  • le bail professionnel ;

  • les principales factures récurrentes ;

  • les éléments de rémunération ;

  • la liste des contrats en cours.

Cette analyse permet de choisir un montant cohérent et facilite la justification des charges en cas de sinistre.