Mutuelle et prévoyance sont souvent rangées dans la même case : « les assurances pour la santé ».
Pourtant, elles ne paient pas les mêmes choses.
La mutuelle intervient principalement sur vos dépenses de soins. La prévoyance intervient lorsque votre état de santé vous empêche de travailler, réduit durablement votre capacité professionnelle ou entraîne votre décès.
En résumé : l’une aide à régler les soins, l’autre aide à continuer à vivre financièrement.
La mutuelle rembourse des dépenses de santé
L’Assurance Maladie prend en charge une partie des consultations, médicaments, examens, hospitalisations ou équipements. La complémentaire santé vient compléter cette prise en charge selon les garanties choisies.
Elle peut notamment intervenir sur :
le ticket modérateur ;
certains dépassements d’honoraires ;
l’optique ;
le dentaire ;
les aides auditives ;
le forfait hospitalier ;
la chambre particulière ;
certaines prestations non ou peu remboursées par le régime obligatoire.
La mutuelle rembourse donc une facture de santé. Elle ne remplace généralement pas votre salaire ou votre chiffre d’affaires lorsque vous ne pouvez plus travailler.
La prévoyance protège les conséquences financières
Un contrat de prévoyance peut prévoir des prestations en cas :
d’incapacité temporaire de travail ;
d’invalidité permanente ;
de perte totale et irréversible d’autonomie ;
de décès.
Selon le contrat, ces prestations peuvent prendre la forme d’indemnités journalières, d’une rente, d’un capital ou d’une combinaison de plusieurs garanties.
L’objectif est de compléter les prestations du régime obligatoire pour réduire la perte de revenus, protéger la famille ou permettre de faire face à une situation durable.
L’exemple du plombier qui se casse le poignet
Imaginons un plombier indépendant victime d’une chute. Il se casse le poignet et ne peut plus intervenir chez ses clients pendant plusieurs semaines.
Sa complémentaire santé peut rembourser une partie des consultations, examens, soins et frais d’hospitalisation.
Mais pendant son arrêt :
son chiffre d’affaires baisse ;
les charges personnelles continuent ;
le loyer du local reste dû ;
les crédits et abonnements professionnels ne s’arrêtent pas ;
certaines cotisations continuent également.
La prévoyance personnelle peut lui verser un revenu complémentaire si les conditions du contrat sont remplies. Une garantie de frais généraux, distincte, peut éventuellement prendre en charge certaines charges de l’entreprise.
Sans ces garanties, être correctement remboursé de ses soins ne suffit pas à payer les dépenses du quotidien.
Pourquoi la confusion est fréquente
Les deux contrats parlent de maladie, d’accident et parfois d’hospitalisation. Les cotisations peuvent aussi apparaître sur des documents voisins dans un contrat collectif.
Mais le déclencheur n’est pas le même.
Pour la mutuelle, on regarde une dépense de santé. Pour la prévoyance, on regarde les conséquences de l’événement : impossibilité de travailler, perte de revenus, invalidité ou décès.
On peut donc avoir une excellente mutuelle et être très mal protégé financièrement en cas d’arrêt long.
Ce qu’il faut vérifier dans une prévoyance
Le montant assuré ne suffit pas. Il faut aussi lire :
la franchise avant indemnisation ;
la durée maximale de versement ;
la définition de l’incapacité ;
le barème d’invalidité ;
les exclusions ;
les délais d’attente ;
le caractère forfaitaire ou indemnitaire ;
les prestations déjà versées par le régime obligatoire ;
les conditions particulières liées à votre métier.
Un contrat annonçant 3 000 euros par mois peut verser moins si la prestation est limitée à la perte réelle de revenus ou si votre situation ne correspond pas à la définition contractuelle.
Le besoin dépend de votre statut
Un salarié bénéficiant d’un maintien de salaire et d’un bon régime collectif n’a pas la même exposition qu’un indépendant dont les recettes s’arrêtent dès le premier jour d’absence.
Un dirigeant assimilé salarié, un artisan, un commerçant et un professionnel libéral ne disposent pas non plus exactement des mêmes prestations obligatoires.
Avant de souscrire, il faut donc commencer par répondre à trois questions :
Que me versera mon régime obligatoire ?
Quelles protections existent déjà par mon entreprise ou mon conjoint ?
De combien mon foyer a-t-il besoin chaque mois pour continuer à fonctionner ?
La prévoyance vient combler le manque entre les ressources disponibles et ce besoin réel.
