Quand on compare deux assurances emprunteur, le premier chiffre que l’on regarde est presque toujours le même : l’économie réalisée.

C’est normal. Sur un crédit immobilier de longue durée, la différence peut représenter plusieurs milliers d’euros. Mais une assurance moins chère n’est une bonne affaire que si elle intervient correctement le jour où vous en avez besoin.

Une économie certaine aujourd’hui ne doit pas créer une mauvaise surprise demain.

Le prix est visible, les différences de garanties le sont beaucoup moins

Deux contrats peuvent couvrir le décès, l’invalidité et l’arrêt de travail tout en étant très différents.

Les intitulés se ressemblent. Les conditions, elles, peuvent changer :

  • le délai avant le début de l’indemnisation ;

  • la manière dont l’incapacité est définie ;

  • le métier pris en compte pour évaluer l’invalidité ;

  • les sports, déplacements ou pathologies exclus ;

  • la durée maximale de prise en charge ;

  • la quotité appliquée ;

  • le versement d’une rente ou d’un capital ;

  • la prise en charge forfaitaire ou limitée à la perte réelle de revenus.

Autrement dit, deux lignes portant le même nom ne garantissent pas forcément la même chose.

La franchise : 30, 60, 90 ou 180 jours peuvent tout changer

La franchise correspond à la période pendant laquelle vous êtes en arrêt de travail mais ne recevez encore aucune prestation de l’assurance emprunteur.

Avec une franchise de 90 jours, la prise en charge peut commencer, sous réserve des conditions du contrat, à partir du 91e jour. Pendant les trois premiers mois, vous continuez à payer le prêt avec vos revenus, les indemnités de votre régime obligatoire, votre épargne ou un autre contrat de prévoyance.

Une franchise plus courte peut être intéressante pour une personne dont les revenus baissent immédiatement. Une franchise plus longue peut rester cohérente si l’employeur maintient le salaire ou si une prévoyance professionnelle couvre déjà cette période.

Le bon délai est donc celui qui correspond à votre vraie protection, pas celui qui paraît le plus joli dans un tableau.

L’ITT : êtes-vous couvert pour votre métier ou pour toute activité ?

L’incapacité temporaire totale de travail, souvent appelée ITT, n’est pas toujours appréciée de la même façon.

Certains contrats regardent si vous êtes incapable d’exercer votre profession au moment du sinistre. D’autres peuvent se référer à l’impossibilité d’exercer toute activité professionnelle.

La différence est majeure.

Un artisan, un chauffeur, une infirmière ou une coiffeuse peut être médicalement incapable de reprendre son métier tout en restant théoriquement capable d’occuper un poste très différent. Si le contrat retient une définition trop large, la prise en charge peut être moins favorable que prévu.

Invalidité : le pourcentage ne raconte pas toute l’histoire

L’invalidité permanente totale ou partielle est évaluée selon les règles prévues dans le contrat. Certains contrats tiennent compte de l’incapacité fonctionnelle, c’est-à-dire des conséquences dans la vie quotidienne. D’autres accordent une place importante à l’incapacité professionnelle, donc à l’impact sur votre métier.

Prenons une coiffeuse souffrant durablement d’une épaule. Elle peut encore marcher, conduire et accomplir de nombreux gestes du quotidien. Son taux fonctionnel peut donc rester limité. Pourtant, si elle ne peut plus lever le bras ou tenir ses outils plusieurs heures, l’impact professionnel est considérable.

Le barème et la définition utilisés peuvent alors faire toute la différence entre une garantie qui intervient et une garantie qui ne se déclenche pas.

Rente ou capital : ce n’est pas la même protection

En cas d’invalidité, certains contrats prennent en charge une partie des mensualités au fur et à mesure. D’autres peuvent prévoir le remboursement d’une partie du capital restant dû.

La rente ou la prise en charge mensuelle aide à payer le crédit tant que les conditions sont réunies. Le remboursement en capital réduit immédiatement la dette auprès de la banque.

Il n’existe pas une réponse identique pour tout le monde. Mais il faut savoir ce qui est prévu avant de comparer deux tarifs.

Forfaitaire ou indemnitaire : combien l’assurance versera-t-elle réellement ?

Une garantie forfaitaire verse la prestation prévue au contrat lorsque les conditions sont remplies, dans la limite de la quotité assurée.

Une garantie indemnitaire peut limiter le versement à la perte réelle de revenus, après prise en compte d’autres prestations perçues. Si votre salaire est maintenu ou si un régime complémentaire intervient, la prestation peut donc être réduite.

Ce détail est rarement celui que l’on regarde en premier. Pourtant, il détermine directement le montant réellement versé.

Les exclusions doivent être lues avant le sinistre

Certaines situations peuvent être exclues ou couvertes sous conditions : pratiques sportives, affections dorsales ou psychiques, séjours à l’étranger, professions particulières, comportements à risque…

Une exclusion n’est pas automatiquement anormale. Elle doit surtout être connue, comprise et mise en perspective avec votre vie.

Une personne qui ne pratique jamais de sport aérien ne sera pas gênée par une exclusion correspondante. Pour un moniteur, un passionné ou quelqu’un dont l’activité implique ce risque, la même clause peut rendre le contrat inadapté.

La bonne méthode pour comparer deux contrats

Commencez par la fiche personnalisée remise par la banque : elle indique les critères de garanties exigés pour accepter une assurance externe. La fiche standardisée d’information aide également à comparer les caractéristiques principales des contrats.

Ensuite, vérifiez dans cet ordre :

  1. les garanties réellement présentes ;

  2. leur définition ;

  3. la franchise ;

  4. les exclusions ;

  5. le mode et la durée d’indemnisation ;

  6. la quotité ;

  7. puis le coût total.

Le meilleur contrat n’est pas nécessairement le plus cher. Ce n’est simplement pas toujours le moins cher non plus.